Silence
Le silence, plein de lui-même, surgit tout soudain. Il s’infiltre sûrement, ne laisse ni espaces ni temps hors de sa présence.
Il bruisse un cri dense qui s’amoncelle sur la peau qui m’enveloppe. Je le sens se répandre dans ma chair. Je le crie tant il m’assourdit.
La danse de l’étouffement commence. Tour à tour, mes cellules hurlent la cacophonie qu’éclate mon cœur. Je ne suis déjà plus. Ai-je seulement été ?
Il ne reste rien. Le mouvement de sa vague a cessé d’onduler. Sans qu’il n’y ait d’effort à produire, je me paralyse, à peine survivante. L’onde de choc résonne à l’infini de mon corps. Elle s’amplifie puis s’amenuise. Je me retranche aux limites du possible, me fonds dans la paroi qui abrite mon monde, cesse de respirer, retiens le temps, arrête le temps. Le silence gronde. Il crache ses vibrations. Elles me rejoignent, m’enserrent, me délogent de ma tanière. Je suis rejetée à la mer. Je frôle la masse inerte baignée du même jus que moi. Je tente de gober un signe, avale son âcre défection, retiens la nausée qui m’assaille et me tenaille.
Il ne reste rien. Hors le silence de l’absence.
Les douces caresses se sont taries. L’air a cessé de traverser l’ébauche de mes poumons. Ne reste que l’impact du silence. Lui me traverse, me transperce, me sonde, se fait l’écho de cette part qui me semblait mienne. Celle que je sentais couler dans ma bulle jusqu’à m’enlacer. Je l’embrassais de mes moignons au rythme des battements de la vie qui circulait dans nos veines. Lui, il tendait ses bras habillés du voile blanc qui le protégeait, se riant des parois diaphanes qui nous unissaient. Nous jouions, complices de l’éternité.
Je buvais sa présence, je me nourrissais de ses coquineries, je respirais sa chaleur, insouciante. Je l’ai vu me regarder avant de s’amollir pour imploser silencieusement dans ses voiles.
Il ne restait rien. La noirceur de l’immobile m’imprégnait tel un buvard alourdi de sépia. La masse a durci. Je m’y suis cognée, encore et encore. Jusqu’à ce que le vent debout, par rafales, ne balaye mon silence, me délivrant cet autre de roc qui, de pierre angulaire, devint ma pierre d’assise.
Il bruisse un cri dense qui s’amoncelle sur la peau qui m’enveloppe. Je le sens se répandre dans ma chair. Je le crie tant il m’assourdit.
La danse de l’étouffement commence. Tour à tour, mes cellules hurlent la cacophonie qu’éclate mon cœur. Je ne suis déjà plus. Ai-je seulement été ?
Il ne reste rien. Le mouvement de sa vague a cessé d’onduler. Sans qu’il n’y ait d’effort à produire, je me paralyse, à peine survivante. L’onde de choc résonne à l’infini de mon corps. Elle s’amplifie puis s’amenuise. Je me retranche aux limites du possible, me fonds dans la paroi qui abrite mon monde, cesse de respirer, retiens le temps, arrête le temps. Le silence gronde. Il crache ses vibrations. Elles me rejoignent, m’enserrent, me délogent de ma tanière. Je suis rejetée à la mer. Je frôle la masse inerte baignée du même jus que moi. Je tente de gober un signe, avale son âcre défection, retiens la nausée qui m’assaille et me tenaille.
Il ne reste rien. Hors le silence de l’absence.
Les douces caresses se sont taries. L’air a cessé de traverser l’ébauche de mes poumons. Ne reste que l’impact du silence. Lui me traverse, me transperce, me sonde, se fait l’écho de cette part qui me semblait mienne. Celle que je sentais couler dans ma bulle jusqu’à m’enlacer. Je l’embrassais de mes moignons au rythme des battements de la vie qui circulait dans nos veines. Lui, il tendait ses bras habillés du voile blanc qui le protégeait, se riant des parois diaphanes qui nous unissaient. Nous jouions, complices de l’éternité.
Je buvais sa présence, je me nourrissais de ses coquineries, je respirais sa chaleur, insouciante. Je l’ai vu me regarder avant de s’amollir pour imploser silencieusement dans ses voiles.
Il ne restait rien. La noirceur de l’immobile m’imprégnait tel un buvard alourdi de sépia. La masse a durci. Je m’y suis cognée, encore et encore. Jusqu’à ce que le vent debout, par rafales, ne balaye mon silence, me délivrant cet autre de roc qui, de pierre angulaire, devint ma pierre d’assise.
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